Le syndrome de l’Imposteur

Vous avez été promu(e). Vous dirigez une équipe, vous siégez dans des réunions que vous regardiez autrefois de loin, et sur le papier, vous réussissez. Et pourtant, une voix discrète et persistante vous dit que vous n'êtes pas vraiment à votre place, que vous avez eu de la chance, que tôt ou tard, quelqu'un remarquera que vous n'êtes pas aussi compétent(e) qu'on le pense. Au niveau managérial, le syndrome de l'imposteur a souvent tendance à s'intensifier plutôt qu'à s'estomper, car les enjeux sont plus élevés, l'attention plus soutenue, et les comparaisons, avec des pairs, des prédécesseurs ou même une version imaginaire d'un « vrai » leader, ne s'arrêtent jamais vraiment.

Il se manifeste de façons familières : une préparation excessive pour des réunions que vous êtes largement qualifié(e) à diriger, une difficulté à accepter les compliments, le fait de dire oui à plus que ce que vous pouvez raisonnablement porter, parce que dire non semblerait confirmer le doute. Souvent, il ne s'agit pas vraiment de compétence. C'est une vieille histoire, généralement formée bien avant le début d'une carrière, sur ce qu'il faut prouver, pour avoir le droit d'appartenir.

En thérapie, nous ne cherchons pas simplement à « penser positivement » pour dépasser ces sentiments, car cela tient rarement dans la durée. Nous examinons plutôt d'où vient réellement cette histoire : ce que la réussite signifiait dans votre famille, ce que vous avez appris sur le fait d'être vu, félicité ou critiqué, et comment ces expériences précoces façonnent, sans que vous en ayez conscience, votre façon de percevoir votre rôle actuel. Une fois ce schéma nommé, il perd de son emprise. Vous commencez à pouvoir distinguer les preuves de votre parcours réel de ce vieux sentiment automatique qui les invalide.

L'objectif n'est pas de vous convaincre que vous êtes « suffisamment bon(ne) », une expression qui, à elle seule, ne change généralement rien. Il s'agit de vous aider à construire une relation plus honnête et plus durable avec votre propre compétence, une relation qui ne s'effondre pas dès que quelque chose se passe mal.

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