Rumination et anxiété généralisée

Votre esprit semble rarement s'arrêter. Une conversation du matin est rejouée à minuit. Une décision déjà prise est réexaminée en silence, encore et encore, à la recherche de la faille qui vous aurait échappé. Même les jours où tout semble aller bien, il y a ce bourdonnement de fond du « et si », qui tourne dans votre esprit.

La rumination mentale est souvent confondue avec de la prudence, de la rigueur ou du sens des responsabilités parce qu’elle peut donner cette impression : sûrement, si vous y réfléchissez suffisamment, vous parviendrez à une certitude, éviterez une possible erreur, ou vous sentirez enfin apaisé(e). Mais le soulagement ne dure jamais vraiment. Une boucle se referme et une autre commence, car la rumination n'a en réalité jamais eu pour but de résoudre un problème présent. C'est généralement une façon de tenter de gérer l'anxiété elle-même, en restant dans sa tête où, au moins, on ressent un certain sentiment de contrôle.

Ce schéma a souvent une histoire. De nombreuses personnes qui ruminent ont grandi en devant anticiper de près les humeurs, les réactions ou les besoins des autres, comme moyen de rester en sécurité ou d'éviter les conflits. La vigilance constante est devenue une habitude mentale bien avant de devenir épuisante.

En thérapie, nous examinons ce contre quoi votre rumination cherche réellement à vous protéger, que ce soit l'incertitude, la critique, le conflit, ou le fait de faire le « mauvais » choix et où vous avez appris pour la première fois que cette vigilance était nécessaire. À partir de là, nous travaillons à construire une relation différente à l'incertitude elle-même, une relation où ne pas savoir n'a plus besoin de sembler dangereux, et où votre esprit peut enfin se reposer sans avoir à tout résoudre au préalable.

Le but n'est pas d'arrêter de penser mais que penser cesse d'être le seul endroit où vous vous sentez en sécurité.



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