Procrastination
À un certain niveau de séniorité, la procrastination ressemble rarement à de la paresse, et elle ne se ressent pas non plus ainsi de l'intérieur. C'est ce rapport que vous rouvrez sans cesse sans jamais le terminer. Cette conversation difficile avec un membre de votre équipe que vous vous promettez d'avoir « la semaine prochaine ». Cette décision qui traîne sur votre bureau, parfaitement à votre portée, mais qui, mystérieusement, ne se prend jamais. Vu de l'extérieur, cela peut ressembler à une mauvaise gestion du temps. Vu de l'intérieur, c'est souvent une forme de paralysie épuisante.
Ce qui se cache derrière n'est souvent pas un manque de discipline, mais la peur de se tromper, d'être jugé(e), ou qu'une décision révèle quelque chose sur votre compétence que vous préféreriez ne pas voir mis à l'épreuve. Plus une tâche touche à votre identité, en tant que leader, expert, personne « censée » savoir, plus elle devient chargée de sens, et plus il devient facile de trouver autre chose, n'importe quoi d'autre, à faire à la place.
En thérapie, nous regardons au-delà du comportement lui-même, vers ce qu'il protège. S'agit-il de perfectionnisme, où rien ne semble jamais assez abouti pour être livré ? S'agit-il d'une peur du conflit, déguisée en simple manque de temps pour s'en occuper ? S'agit-il d'une fatigue décisionnelle, accumulée au fil des années à être celui ou celle qui doit toujours avoir la réponse ? Chacune de ces causes a une origine et une résolution différentes.
L'objectif n'est pas un nouveau système de productivité. Vous en avez probablement déjà essayé. Il s'agit de comprendre l'anxiété que la procrastination gère discrètement pour vous, afin que finalement passer à l'action cesse de ressembler à marcher à l’abattoir.
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