Culpabilité chronique et autocritique

Vous n'arrivez pas vraiment à mettre le doigt dessus, mais votre culpabilité semble s'inviter dans presque tout. Dire non à une demande. Prendre du temps pour vous-même. Une décision prise il y a des années que vous rejouez encore silencieusement. Même lorsque vous n'avez rien fait de mal, une part de vous suppose que c'est probablement le cas, ou que ce le sera, tôt ou tard, si vous n'êtes pas assez prudent(e).

Sous cette culpabilité se cache généralement un critique intérieur implacable, une voix plus rapide, plus forte, et bien moins juste envers vous que vous ne le seriez jamais envers quelqu'un d'autre. Elle remarque immédiatement chaque erreur et enregistre rarement ce qui s'est bien passé. Avec le temps, cette voix peut cesser de ressembler à une voix pour devenir une vérité.

Et cela s'est appris, quelque part. Souvent dans l'enfance, à travers des messages, exprimés ou non, sur ce qui permettait de gagner l'amour, l'approbation ou la sécurité, et ce qui risquait de les faire perdre. Un enfant ayant appris que les erreurs étaient dangereuses, ou que les besoins des autres passaient toujours en premier, devient souvent un adulte chez qui la culpabilité s'active automatiquement, bien avant qu'une véritable faute n'ait été commise.

En thérapie, nous retraçons ce schéma jusqu'à son origine, non pas simplement pour attribuer une faute au passé, mais pour comprendre pourquoi la culpabilité est devenue votre réglage par défaut. À partir de là, nous explorons ce qu'il faudrait réellement pour vous répondre à vous-même comme vous répondriez à quelqu'un qui vous tient à cœur : avec la même équité, la même patience, et la même volonté de laisser une erreur n'être qu'une erreur, plutôt que la preuve de quelque chose de plus profond et d'irrémédiable.

Il ne s'agit pas d'abaisser vos exigences. Il s'agit de ne plus avoir à vous punir constamment pour les atteindre.

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